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 Une nuit si douce (suite)

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Louloute
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MessageSujet: Une nuit si douce (suite)   Dim 2 Avr - 11:34

(...)
Le désir de pouvoir approcher un être aussi troublé qu’un vampire. C’est ce qui m’animait et ce dont je rêvais secrètement depuis que j’avais entamé mes recherches pour ma thèse. Je savais sur eux tout ce que j’avais pu en lire mais était-ce la réalité ? Foulaient-ils vraiment notre terre? En mon for intérieur j’y croyais, comme en l’existence des anges. Mes rêves n’en étaient-ils pas peuplés ? Peut-être était-ce par défi que chaque soir je les appelais à moi ou encore par besoin de ne plus être seule? Je balayais cette pensée et ramassai mes affaires pour quitter la bibliothèque. La nuit était douce, une brise légère poussait quelques nuages dans le ciel étoilé. La contemplation des astres me fit rater une marche et perdre l’équilibre. Des bras salvateurs me retinrent. Il s’agissait d’un homme de grande taille, il me dépassait de quelques centimètres bien que sur la marche inférieure. Ses boucles noires lui tombaient sur les épaules. Son visage était doux, les traits harmonieux et ses yeux d’un bleu pâle quasi métallique si ce n’étaient ces minuscules touches d’ambre. Il me demanda d’une voix suave si tout allait bien, je lui répondis par un hochement de tête affirmatif. Je balbutiais ensuite quelques remerciements en rougissant et il relâcha son étreinte autour de mes bras. Il s’effaça pour me laisser poursuivre ma route. Je lui envoyai un timide sourire auquel il répondit, accroissant mon trouble. Le chemin du retour se passa sans autre heurt mais mes pensées furent agitées. Les jours suivant me ramenèrent à la monotonie des heures de cours suivies de mes explorations des documents collectés à la bibliothèque. Je me surprenais parfois à songer à cet inconnu, souhaitant le voir à nouveau. Parallèlement, j’avais la sensation que quelqu’un veillait discrètement sur moi et m’observait. Chaque fois que je pensais l’apercevoir enfin, l’impression s’effaçait. Au fond de moi je savais que cette présence ne me voulait aucun mal, même si je ne connaissais pas son identité. C’est à peu prés à cette époque que je commençais à rêver de mon bel inconnu. Il m’est difficile de déterminer quand cela débuta car je du oublier bon nombre de ces songes. Mais chaque matin, je m’éveillais avec une douce sensation de bien-être. Dés que je m’assoupissais, j’étais transportée vers un lieu nouveau et envoûtant : les sombres forêts de l’Europe de l’Est, la tumultueuse Venise de la Renaissance, les rues de la Nouvelle-Orléans du début du siècle… Je visitai chacun en compagnie de cet homme. Il était doux et attentionné. Nous devîmes de plus en plus proches au cours de nos voyages, sous le charme l’un de l’autre. Une nuit, Goran, j’avais appris son nom au cours de nos longues conversations, me retrouva dans une crique des îles grecques. La lune se reflétait sur les galets et la surface lisse de l’eau. On n’entendait que le clapotis des vagues et la brise dans les arbres au sommet de la falaise. Un souffle de vent me fit frissonner. Il ôta sa veste et la déposa délicatement sur mes épaules dénudées. Je me blottis contre lui pour conserver sa chaleur. Quand je relevai les yeux, les joues rosies par l’émotion, un tendre sourire se dessina sur mon visage. Je m’approchais en me hissant sur la pointe des pieds. Il m’enlaça plus fermement et posa ses lèvres sur les miennes. Je lui rendis son baiser pendant de longues minutes. Le temps s’était arrêté autour de nous, rien ne comptait plus désormais. Je ne sentais plus la fraîcheur de la nuit, uniquement la caresse de sa main dans mes cheveux, la douceur de sa peau contre la mienne et cette saveur délicate. Son baiser au parfum de miel, à la fois doux et sucré. Mais une fois encore, mon réveil m’extirpa de ce songe merveilleux. Je passai ainsi de longs mois, sans savoir vraiment ce qui m’arrivait. J’en vins à me demander si je rêvais réellement. Et dans le cas contraire, quelle était ma vraie vie ? Etait-ce ma vie diurne, consacrée à mes études ? Ou ma vie nocturne, à parcourir le monde auprès de mon aimé ? Y avait-il un lien entre ces deux vies ? Mon imagination était-elle si fertile, pour construire en songes le monde obscur que j’étudiais le jour ? Ces questions virevoltaient dans mon esprit chaque soir au coucher mais elles s’envolaient dès que Morphée m’ouvrait ses bras. Je reparti donc pour le château et y retrouvais Goran en compagnie de tous nos invités. Je tins à merveille mon rôle de maîtresse de maison et conversai avec tous, dansant parfois avec les hôtes de marque. Puis, petit à petit, la salle de bal se vida. Ayant reconduis les derniers retardataires, j’annonçais que je me retirai dans nos appartements. Tandis que je gravissais les marches en direction de notre chambre, le maître de maison réglait quelques détails avec ses serviteurs. Il m’interpella et me demanda si j’étais fatiguée. L’œil malicieux et le sourire innocent, je lui répondis que non. Quand je me retournai afin de poursuivre ma route, il se tenait devant moi, comme s’il avait gravis les degrés en une fraction de secondes. Il m’emporta dans ses bras à travers les corridors, l’écho de mon rire résonnant derrière nous. Il ouvrit la porte à la volée et me fis tournoyer dans toute la pièce. Il attrapa au vol une rose rouge d’un bouquet posé prés du lit et la glissa dans mes cheveux. Lorsqu’il me posa enfin, le lit à baldaquins semblait danser parmi les commodes, coffres et guéridons. Les flammes des candélabres accentuaient cette sensation de mouvement et animaient les objets. Je me dirigeai vers la fenêtre en titubant légèrement, afin de l’ouvrir et de dissiper mes vertiges.

L’air frais pénétra dans la petite pièce. J’enjambai le rebord et me retrouvai dans la chambre de ma belle enfant. Je pris soin de refermer derrière moi et entourai de mes bras ma douce Eléa qui m’avait ouvert. Elle était plongée dans le rêve que je lui suggérai, calqué sur ses désirs les plus profonds. Elle ne portait qu’une légère chemise de nuit en voile blanc dont une des bretelles avait glissé sur son épaule. Quand elle me sourit dans son demi-sommeil, je ne pu résister à l’envie de l’embrasser tendrement.

Tandis que ses mains parcouraient mon dos et mes hanches, nos baisers se faisaient de plus en plus empressés. Il glissa lentement dans mon cou puis ma nuque. Goran délaça délicatement mon corsage quand mes doigts plongeaient dans ses boucles noires. Il ne cessait d’embrasser ma nuque et mes épaules. Un frisson remonta le long de ma colonne vertébrale. Ma robe glissa à terre. Il m’attira doucement à lui en me faisant pivoter. Je défis un à un les boutons de sa chemise en embrassant chaque nouvelle portion de son épiderme à présent découverte. Lorsque la soie blanche rejoignit la dentelle noire au sol, il m’emporta vers notre couche où il continua ses baisers. Il parcourut toute la surface de ma peau du bout des doigts, de ses lèvres. Il remonta lentement vers mon cou.

Elle vibrait sous chacune des pressions de ma main, son dos se creusant, sa poitrine se gonflant. Ma main glissait sur les courbes de sa féminité. Ses gémissements aiguisaient mon désir et je ne pu résister bien longtemps à l’envie de lui donner davantage de plaisir.

D’un mouvement brusque, je nous fis basculer pour me retrouver sur lui. Je sentais son cœur battre contre le mien, allant l’un et l’autre à des rythmes éperdus. Son désir n’avait d’égal que le mien. Ses mains joignirent les miennes et se contractèrent tandis que ma respiration se faisait plus difficile.

Elle haletait contre moi. Je plongeai donc mes crocs dans la peau si tendre de son cou. Je n’aspirai que quelques gorgées de son sang. La forte concentration d’endorphines m’électrisa davantage. Nos deux corps ne formaient plus qu’un seul être. Son cri étouffé couvrit mes gémissements de plaisir. Puis soudain, la tempête se calma. Je me retirai et refermai sa plaie. Je l’enlaçai tendrement et elle se blottit contre moi. Je veillai ainsi sur ses rêves jusqu’à l’aube. A cet instant, il me fallait partir. Je la recouvris de ses draps et déposai un dernier baiser sur ses lèvres. J’empruntai le même chemin qu’à l’aller, en utilisant mes talents surnaturels pour verrouiller après mon passage. Je volai littéralement jusqu’à mon repaire. Là, je m’allongeai dans mon tombeau et constatai que son odeur était restée sur mes vêtements.

Cet odieux son strident coupa encore court à mes rêveries. Cette nuit m’avait semblée si réelle. Mon lit ressemblait à un champ de bataille, ma peau était imprégnée de ces dernières heures et mes lèvres en étaient encore humides. J’ouvris la fenêtre pour faire pénétrer l’air frais et chasser les dernières images de mon aventure nocturne. Puis je quittai la pièce. Un courant d’air balaya les pétales de roses restés sur mon oreiller.
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